LE CHATEAU DE JEAN DE MONTAGU

Le château, aujourd'hui en ruines (reste une tour, dite de l'Oubliette) et inclus dans le domaine de l'école d'horticulture (Orphelins d'Auteuil) est riche d'une longue histoire.
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Au moyen-âge, existait un château-fort appelé la Motte ou la Maison Fort de Marcousssis. A la fin du XIVème siècle, il ne restait plus qu'une petite tour carrée qui fut conservée dans le nouveau château.

    Un personnage important va venir y construire un somptueux château.
    Il s'agit de Jean de Montagu, surintendant du Roi Charles VI.

    Il naquit en 1349 ou 1350.
    Issu d'une ancienne famille bourguignonne, il reprit les charges déjà dévolues à son grand-père, puis à son père.
    Très proche du Roi, il fut comblé de nombreuses sommes d'argent.
    En 1380, il épouse Jacqueline de la Grange, nièce de Jean de la Grange, cardinal d'Amiens qui lui laissa tous ses biens à sa mort en 1402.
    En 1388, son oncle, Ferry de Cassinel, évêque d'Auxerre, lui donne la seignererie de Marcoussis.
    Dès ce moment, il était à la tête de nombreuses terres des environs, plus des hôtels à Paris.
    Il demanda au Roi l'autorisation de reconstruire un nouveau château.
    Les travaux des fondations commencent en 1400 et les travaux vont se poursuivre de 1402 à 1408 en même temps que ceux de la nouvelle église paroissiale et du Couvent des Célestins.
    La fortune de Jean de Montagu et l'influence qu'il avait sur le Roi ne plaisaient pas à tout le monde et singulièrement au duc de Bourgogne.
    Celui-ci profitant d'un accès de folie du Roi, lui montra l'état des finances et les désordres de sa maison, obtint q'on "châtie" Jean de Montagu et les officiers des finances (7 octobre 1409).
    Emmené à la prison du Chatelet, il fut soumis à la question et confessa tout ce que l'on voulait qu'il dit.
    Il fut exécuté à la hâche aux halles de Paris le 17 octobre 1409.
    Après quelques temps, les biens qui avaient été confisqués revinrent à la seconde fille de Jean de Montagu qui avait épousé en secondes noces, Jean Mallet, sire de Graville (Normandie).
    Après près de quatre siècles de faste, la Révolution mit un terme à l'existence du château.
    La comtesse d'Esclignac, dernière occupante du château mourut en 1790 et légua ses biens à ses neveux et nièces.
    En 1792, le château, non occupé fut dévasté par des patriotes qui le laissèrent à l'état de ruines.
    Le marquis de Puységur qui en avait hérité le fit abattre afin qu'il ne devienne pas une prison d'état.

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La table sur laquelle, dit-on, étaient payés les ouvriers des chantiers du château et du couvent